Remblais renforcés
Le renforcement des remblais veut répondre à deux objectifs : assurer la stabilité et minimiser les déformations différentielles.
Remblais renforcés par géotextiles.
Des nappes de géotextile sont placées horizontalement lors de la construction du remblais. A faible déformation, un géotextile de module élevé rigidifie le sol, à grande déformation les géotextiles de tout module améliorent la résistance au cisaillement en suivant le remblais dans sa déformation. Cette amélioration est due au déplacement relatif sol-géotextile qui se trouve comme extrait, à la fois, de la partie stable et de la partie en mouvement. La stabilité est donc améliorée par une force résistante dans le géotextile, mais aussi par une augmentation localisée de la contrainte normale le long de la courbe de rupture. La mise en œuvre des géotextiles est précisée dans un fascicule du Comité Français de géosynthétiques et géomembranes. La pente des talus des remblais peut être augmentée de façon très importante, jusqu'à une pseudo verticalité. Certains géotextiles permettent une végétalisation favorable à l’esthétique du projet. Les géotextiles ayant des caractéristiques très variées, combinés avec divers procédés de parements, ils permettent un très grand nombre de solutions originales, à la fois soutènement et remblais. L’ingénieur peut ainsi trouver :
     Le pneutex qui allie un parement de pneusol et des nappes de géotextile. Ce procédé est utilisé surtout pour la création de merlons de défense contre les chutes de blocs dans des sites difficiles d’accès.
     Les murs préfabriqués dont les éléments de parement pincent la nappe de géotextile et qui sont des remblais par le mode de calcul. (Murs Loeffel, Leromur, etc.)
Il existe aussi les géogrilles (Tensar) dont les caractéristiques complètent les géotextiles et qui peuvent être utilisés de la même manière.
Le calcul de ces ouvrages nécessite la prise en compte du déplacement et fait appel à des méthodes particulières.
Méthode du double bloc. (Gourc, 19 ?)
Méthode utilisée dans le programme Cartage. (Delmas et al., 1978 ?)
La loi de traction du géotextile a été choisie linéaire, limitée à une déformation de 15%. La loi de frottement sol-géotextile a été choisie élastoplastique, avec un seuil de déplacement lié à la nature du sol et du géotextile. Ce seuil est fonction de la contrainte au sein du massif. Le frottement sol géotextile peut être défini tel que tan jg = 0.8 tan j’. Le déplacement est imposé, uniforme le long de la courbe de rupture, les efforts sont déterminés dans chacune des nappes et introduits dans le calcul d’équilibre par la méthode des perturbations. Le programme fournit les coefficients de sécurité sur les actions du géotextile que l’ingénieur juge suffisants ou non.
Méthode utilisée dans le programme Nixes Dep.
Un champ de déplacement est une donnée du programme. Les lois efforts déformations qui traduisent le comportement du géotextile sont paramètrées et les efforts ainsi déterminés sont introduits dans la méthode d’équilibre. Un coefficient de sécurité global est fourni.
Calculs par éléments finis.
Des calculs par éléments finis ont été produits. (Rajot, 1997)
Remblais en matériaux renforcés.
Deux matériaux, le Plasterre et le Texsol, sont des matériaux composites qui permettent des remblais plus verticaux du fait de leur forte anisotropie de mise en place.
Le plasterre, breveté en 1988, utilise comme armature des déchets plastiques en vrac, utilisés à raison de 4 kg/m2 pour des lits tous les 40 cm. Le poids du massif assure la continuité de la nappe plastique.
Le Texsol breveté en 1980, est un mélange très intime de sable et de fils textiles continus, mis en place par voie pneumatique ou hydraulique sur le site. Les fils polyester de 150 décitex, soit 15 grammes par kilomètre, sont dosés entre 0.1% et 0.2%., ce qui confère au matériau une cohésion apparente importante, de 200 à 300 kPa avec un angle de frottement égal à celui du sable utilisé. A 0.2% la longueur de fil par cm3 de sable est de 24 cm. Ce matériaux présente cependant une forte anisotropie qui peut être parfois gênante.
Le calcul des ouvrages est très classique, le sol renforcé ayant les caractéristiques améliorées mesurées à l’appareil triaxial.